Compétence par compétence
Apprendre l’addition à son enfant : la méthode pas à pas
Apprendre l’addition à la maison, de la GS au CE1 : surcomptage, compléments à 10, passage par la dizaine, doubles et retenue, avec objets et jeux.

La réponse en bref
Apprenez l’addition par petites étapes et ne passez à la suivante que lorsque la précédente est facile. Réunissez d’abord de vrais objets et comptez tout. Puis surcomptez à partir du plus grand nombre (9 + 3 : « neuf… dix, onze, douze »). Viennent ensuite les compléments à 10, le passage par la dizaine (8 + 5 = 8 + 2 + 3 = 13), les doubles, puis les dizaines et les unités. Objets d’abord, dessins ensuite, chiffres enfin.
À retenir
- Suivez un ordre : tout compter → surcompter → compléments à 10 → passer par la dizaine → doubles → dizaines et unités → addition posée avec retenue.
- Passez des objets aux dessins, puis aux chiffres : c’est la démarche du programme officiel, du concret à l’abstrait en passant par la représentation imagée.
- Apprenez à votre enfant à partir du plus grand nombre : 2 + 9 se calcule plus vite comme 9 + 2. Le programme de maternelle le demande dès 5 ans.
- Au CP, votre enfant apprend les tables d’addition « dans les deux sens » ; l’addition posée n’arrive qu’en fin d’année, en période 4 ou 5.
- Quelques minutes presque tous les jours, surtout sous forme de jeux et de questions de la vie courante, suffisent.
À quel âge apprend-on l’addition en France ?
Les premières additions commencent dès la maternelle, sans le signe + : on réunit deux petits tas et on compte. Les programmes fixent ensuite des attendus pour chaque classe. Ce sont des objectifs de fin d’année, pas des exigences de la rentrée.
| Classe (âge) | Ce que votre enfant apprend | Exemple |
|---|---|---|
| GS (5–6 ans) | Composer et décomposer les nombres jusqu’à 10 avec les doigts ; surcompter à partir du plus grand nombre ; petits problèmes d’ajout, sans le signe + | 4 et 5 : « je mets 5 dans ma tête… 6, 7, 8, 9 » |
| CP (6–7 ans) | Nombres jusqu’à 100 ; tables d’addition dans les deux sens ; compléments à la dizaine ; addition posée en période 4 ou 5 | 4 + … = 12 ; 47 + 8 = 55 ; 45 + 37 posé |
| CE1 (7–8 ans) | Nombres jusqu’à 1 000 ; addition posée de deux ou trois nombres jusqu’à trois chiffres ; ajouter 9, 19 ou 29 | 245 + 437 ; 58 + 19 = 58 + 20 − 1 = 77 |
| CE2 (8–9 ans) | Nombres jusqu’à 10 000 ; additions posées, y compris avec des prix en euros et centimes | 1,20 € + 0,90 € = 2,10 € |
Ce qui compte, c’est que chaque marche soit solide avant la suivante. Pour situer l’addition parmi les autres apprentissages, voyez notre guide des compétences en maths par âge.
Étape par étape : du comptage à la retenue
Pensez l’addition comme un escalier. Le programme du cycle 2 vise des résultats mémorisés, restitués presque instantanément, et des procédures de calcul efficaces. On avance donc marche par marche, du comptage vers le calcul.
- Tout compter. Mettez 4 petites voitures avec 3 autres et comptez-les toutes : 1, 2, 3… 7. Additionner, c’est réunir.
- Surcompter, c’est-à-dire compter à partir d’un nombre. 4 + 3 se dit « quatre… cinq, six, sept », avec 3 doigts. Ensuite, on part du plus grand : 2 + 9 devient « neuf… dix, onze ».
- Les compléments à 10. Ce sont les paires qui font 10 : 1 + 9, 2 + 8, 3 + 7, 4 + 6 et 5 + 5. Montrez 10 doigts et baissez-en 3 : il en reste 7 levés.
- Passer par la dizaine. Pour 8 + 5, il manque 2 à 8 pour faire 10 : on coupe 5 en 2 et 3. 8 + 2 = 10, puis 10 + 3 = 13.
- Les doubles et les presque-doubles. 6 + 6 = 12 se retient vite, et 6 + 7, c’est le double de 6 plus 1 : 13.
- Dizaines et unités. On ajoute les dizaines entre elles et les unités entre elles : 47 + 28, c’est 60 + 15, donc 75.
- L’addition posée avec retenue. Quand les unités dépassent 9, 10 unités deviennent 1 dizaine : dans 47 + 25, 7 + 5 = 12, on écrit 2 et on retient 1 dizaine. Résultat : 72.
- Surcompter : 9 + 3 → neuf… dix, onze, douze → 12
- Passer par la dizaine : 8 + 5 = 8 + 2 + 3 = 10 + 3 = 13
- Passer par la dizaine : 47 + 8 → 47 + 3 = 50, puis 50 + 5 = 55
- Presque-double : 7 + 8 = 7 + 7 + 1 = 14 + 1 = 15
- Dizaines et unités : 47 + 28 → 40 + 20 = 60 et 7 + 8 = 15, donc 75
- Ajouter 9 : 37 + 9 → 37 + 10 = 47, puis 47 − 1 = 46

Astuce La règle d’or du surcomptage
On dit le premier nombre, on ne le compte pas. Pour 6 + 3, votre enfant dit « six », puis compte 3 de plus : « sept, huit, neuf ». S’il dit « six, sept, huit », il compte le 6 deux fois. Le programme de maternelle décrit ce geste : « je mets cinq dans ma tête » et je compte la suite sur mes doigts.
Les objets, puis les dessins, puis les chiffres
Le programme du cycle 2 décrit la même démarche : du concret à l’abstrait, en passant par la représentation imagée. Les élèves manipulent d’abord du matériel (cubes emboîtables, bûchettes, monnaie fictive), puis dessinent, avant d’écrire avec les chiffres et les signes. Le programme insiste aussi sur la verbalisation : réussir une manipulation ne suffit pas, l’enfant doit dire ce qu’il fait, avec ses mots.
- Les doigts : le programme de maternelle en fait un outil à part entière, pour compter, surcompter ou décompter.
- Les Lego ou cubes emboîtables : une tour de 10 briques fait « une dizaine » ; des tours et des briques seules montrent tous les nombres jusqu’à 99. C’est le principe des barres de dix cubes utilisées au CP.
- Les bûchettes, pâtes ou haricots : faciles à compter, à grouper par dix avec un élastique et à cacher sous un gobelet.
- Une boîte de 10 œufs ou un cadre de 10 dessiné : 2 rangées de 5 cases, un haricot par case, la rangée du haut d’abord.
- Une piste numérotée au sol : du ruban adhésif de 0 à 20, à pas réguliers. La bande numérique est utilisée dès la maternelle, puis la demi-droite graduée au CP.
- Objets : 7 haricots dans la boîte de 10, puis 5 de plus ; 3 complètent la boîte et 2 restent dehors
- Dessin : une boîte pleine (10) et 2 points à côté
- Chiffres : 7 + 5 = 7 + 3 + 2 = 10 + 2 = 12

Astuce Quand ranger les objets ?
Dès que votre enfant donne la réponse avant de compter, passez aux dessins. Le programme précise que la manipulation est un appui, que le but final est de s’en détacher et que ce moment varie d’un enfant à l’autre. Ressortir les haricots pour une étape nouvelle et difficile est tout à fait normal.
Les nombres à deux chiffres et la retenue, simplement
Tout repose sur une idée : un nombre à deux chiffres, ce sont des dizaines et des unités. 47, c’est 4 dizaines et 7 unités. Avant l’addition posée, construisez les nombres avec des tours de 10 Lego (ou des fagots de 10 bûchettes) et des pièces seules.
- Construisez les deux nombres : 47, c’est 4 tours et 7 briques seules ; 25, c’est 2 tours et 5 briques seules.
- Réunissez les unités : 7 + 5 = 12 briques seules.
- Repérez la nouvelle dizaine : 10 des 12 briques forment une nouvelle tour, il en reste 2.
- Comptez les tours : 4 + 2 + 1 = 7 tours, soit 70, plus 2 briques : 72.
- Écrivez l’opération à côté des briques : 47 + 25 = 72.
À l’école, cet échange s’appelle la retenue. En France, l’addition posée en colonnes n’arrive au CP qu’en période 4 ou 5, avec des nombres à un ou deux chiffres, par exemple 45 + 37 ou 28 + 8 + 56. Avant, les élèves calculent avec des résultats mémorisés et des procédures par étapes. Au CE1, l’addition posée s’étend aux nombres à trois chiffres.
- On aligne les unités sous les unités, les dizaines sous les dizaines
- Unités : 7 + 5 = 12 → j’écris 2 et je retiens 1 dizaine
- Dizaines : 4 + 2 + 1 = 7 → j’écris 7
- Résultat : 47 + 25 = 72

Astuce Estimer d’abord
Avant de calculer, demandez : « À peu près combien ? » 47 + 25, c’est environ 50 + 25, donc près de 75. Un résultat comme 612 ou 62 saute alors aux yeux. Estimer un ordre de grandeur pour vérifier un résultat fait partie des attendus de fin de CE1 contrôlés par les évaluations nationales de début de CE2.
Les erreurs fréquentes (et comment y remédier)
- Compter deux fois le premier nombre. 5 + 3 devient « 5, 6, 7 », soit 7. Remède : dire « cinq » sans compter, puis faire 3 bonds sur la piste : 6, 7, 8.
- Toujours partir du premier nombre. Surcompter 9 à partir de 2 est long et source d’erreurs. Remède : montrer avec des haricots que 2 + 9 et 9 + 2 font la même chose, puis partir du plus gros tas. Le programme de CP rappelle que l’ordre des termes ne compte pas dans une addition.
- Écrire 612 pour 47 + 25. L’enfant écrit côte à côte le total des dizaines (6) et celui des unités (12). Remède : construire avec des Lego et échanger 10 briques contre une tour ; le résultat a 7 dizaines et 2 unités.
- Oublier la retenue (62 au lieu de 72). Remède : estimer d’abord et dire l’échange à voix haute : « 12 unités, c’est 1 dizaine et 2 unités. »
- Ajouter les unités aux dizaines. 34 + 5 devient 84. Remède : demander « 5 unités ou 5 dizaines ? » et poser les 5 briques à côté des 4 briques seules.
- Les égalités en chaîne. Pour 47 + 8, l’enfant écrit « 47 + 3 = 50 + 5 = 55 ». Le programme de CP cite cette écriture comme incorrecte, car 47 + 3 n’est pas égal à 50 + 5. Remède : écrire deux lignes (47 + 3 = 50, puis 50 + 5 = 55) et lire le signe = « est égal à ». Notre guide pour trouver le nombre manquant explique pourquoi.
Une routine de 5 minutes (et 3 jeux)
- Surcompter (1 minute) : « Pars de 17 et avance de 4. » (18, 19, 20, 21)
- Le complément du jour (1 minute) : « Combien pour aller de 6 à 10 ? » Doigts levés : « 6 et 4 font 10. »
- Un calcul par la dizaine (2 minutes) : 9 + 4 avec des haricots dans la boîte de 10, puis à voix haute : 9 + 1 + 3 = 13.
- Une addition de la vie courante (1 minute) : « Il y a 8 fourchettes sur la table et il en faut 5 de plus. Combien y en aura-t-il ? » (13)
- S’arrêter pendant que c’est amusant : finissez sur une question facile.
Le chapeau magique
- Comptez ensemble 5 haricots, puis cachez-les sous le chapeau.
- Sous les yeux de votre enfant, glissez 3 haricots de plus dessous.
- Demandez : « Combien y en a-t-il sous le chapeau maintenant ? » Encouragez le surcomptage : « cinq… six, sept, huit ».
- Soulevez le chapeau pour vérifier en comptant, puis échangez les rôles. Le programme de maternelle propose une situation proche : ajouter une peluche dans une valise fermée et dire combien il y en a.
Les paires de 10
- Posez 12 cartes face visible, en rangées.
- À tour de rôle, trouvez deux cartes qui font 10, par exemple 7 et 3, et dites l’addition à voix haute : « 7 plus 3 égale 10. »
- Comblez les trous avec la pioche. S’il n’y a plus de paire possible, ajoutez 4 cartes.
- Quand la pioche est vide, celui qui a le plus de paires gagne.
La course aux 30
- Lancez les deux dés et additionnez-les en surcomptant à partir du plus grand.
- Avancez votre jouet d’autant de cases en disant l’addition : « 5 plus 4 égale 9. »
- Un double, comme 3 et 3, donne droit à un nouveau lancer.
- Le premier arrivé à 30 gagne. Les plus grands ajoutent le lancer à leur position : 17 + 8 = 25.
D’autres idées dans nos jeux de maths à la maison, et les stratégies suivantes dans notre guide de calcul mental.
Quand en parler à l’enseignant ?
Tous les enfants ont des moments où ça coince. Après quelques semaines d’entraînement court et régulier, un échange calme avec l’enseignant s’impose si :
- en fin de GS ou au début du CP, votre enfant recompte toujours tout depuis 1 et n’arrive pas à surcompter ;
- vers la fin du CP, des additions comme 6 + 3 lui demandent encore beaucoup de temps ;
- au CE1 ou au CE2, il ne sait pas dire combien il y a de dizaines dans 47 ;
- les maths finissent souvent en pleurs ou en refus (voir notre guide sur la peur des maths).
Demandez quelles procédures la classe utilise (compléments à 10, passage par la dizaine, arbre à calcul, demi-droite graduée) et employez les mêmes mots à la maison : une seule méthode, c’est plus simple pour un enfant. Les livrets d’accompagnement du programme prévoient aussi une remédiation en petit groupe, par exemple pendant les activités pédagogiques complémentaires (APC).
Questions fréquentes
Comment apprendre l’addition à mon enfant ?
Commencez avec de vrais objets : réunissez deux petits tas et comptez le tout. Apprenez-lui ensuite à surcompter à partir du plus grand nombre, puis les compléments à 10 et le passage par la dizaine (8 + 5 = 8 + 2 + 3 = 13). Passez à l’écrit quand les objets et les dessins sont bien compris.
À quel âge un enfant sait-il additionner ?
En grande section, vers 5 ou 6 ans, la plupart des enfants composent les nombres jusqu’à 10 et surcomptent avec les doigts. Au CP, ils apprennent les tables d’addition dans les deux sens, et l’addition posée arrive en fin d’année.
Est-ce grave s’il compte sur ses doigts ?
Non. Le programme de maternelle présente les doigts comme un outil pour compter, surcompter et décompter. Avec le temps, aidez votre enfant à passer aux compléments à 10, aux doubles, puis aux résultats mémorisés.
Que sont les compléments à 10 ?
Ce sont les paires de nombres qui font 10 : 0 + 10, 1 + 9, 2 + 8, 3 + 7, 4 + 6 et 5 + 5. Les connaître par cœur rend le passage par la dizaine, puis la soustraction, beaucoup plus faciles.
Comment expliquer la retenue ?
Avec des tours de 10 Lego et des briques seules. Quand les unités atteignent 10 ou plus, on forme une nouvelle tour : dans 47 + 25, les 12 unités deviennent 1 dizaine et 2 unités, donc le résultat est 72.
Combien de temps s’entraîner chaque jour ?
Cinq à dix minutes presque tous les jours suffisent, idéalement sous forme de jeu ou de question de la vie courante. S’arrêter quand c’est encore amusant donne envie de recommencer.
Nos sources
Rédigé par l’équipe Matobur d’Edict Digital et vérifié à partir de ces sources :
- Programme d’enseignement de l’école maternelle, version consolidée (premiers outils mathématiques) (s’ouvre dans un nouvel onglet)Ministère de l’Éducation nationale, Éduscol (d’après les BO n° 41 du 31 octobre 2024 et n° 19 du 7 mai 2026)
- Programme de mathématiques du cycle 2 (CP, CE1, CE2), en vigueur depuis la rentrée 2025 (s’ouvre dans un nouvel onglet)Ministère de l’Éducation nationale, Bulletin officiel n° 41 du 31 octobre 2024
- Livret d’accompagnement du programme de mathématiques du cycle 2 : CP (2025) (s’ouvre dans un nouvel onglet)Ministère de l’Éducation nationale, Éduscol
- Livret d’accompagnement du programme de mathématiques du cycle 2 : CE1 (2025) (s’ouvre dans un nouvel onglet)Ministère de l’Éducation nationale, Éduscol
- Évaluations nationales de début de CE2 : fiche d’intervention « Poser et calculer des additions, soustractions et multiplications » (2025) (s’ouvre dans un nouvel onglet)Ministère de l’Éducation nationale, Éduscol